
Comment aider son enfant à exprimer ses émotions ?
Le Two terrible, « terribles deux ans » dans notre langue, les crises de colère au supermarché, les pleurs inconsolables au moment du coucher ou un enfant qui se renferme… En tant que parents, les émotions de nos enfants nous frappent souvent de plein fouet.
Ces « tempêtes émotionnelles » sont déroutantes, épuisantes, et peuvent nous laisser démunis. Pourtant, elles sont une étape normale et essentielle du développement. La clé n’est pas d’empêcher l’émotion, mais d’apprendre à l’accompagner.
En tant que psychopraticienne à Trévoux, j’accompagne de nombreuses familles sur ce chemin. Voici quelques clés pour mieux comprendre et aider votre enfant à naviguer dans le monde complexe de ses émotions.
Comprendre avant de vouloir calmer
La première chose à savoir est que votre enfant n’est pas « capricieux » ou « manipulateur » lorsqu’il est submergé par une émotion. Son cerveau est encore en construction.
- Le cerveau immature : Chez le jeune enfant, le « cerveau émotionnel » (le système limbique) est très actif, tandis que le « cerveau rationnel » (le cortex préfrontal), celui qui régule et analyse, n’est pas encore mature. L’émotion arrive donc comme une vague, sans filtre.
- Le manque de mots : Souvent, l’enfant ressent une tension intense (colère, peur, tristesse) mais n’a pas les mots pour la nommer. Le corps s’exprime alors à sa place : il tape, il crie, il mord, il pleure.
Comprendre cela permet de changer notre regard : l’enfant n’est pas contre nous, il est avec une émotion qu’il ne contrôle pas.
La validation : L’étape la plus importante
Notre premier réflexe est souvent de vouloir arrêter l’émotion : « Ce n’est rien », « Arrête de pleurer », « N’aie pas peur ».
Or, en faisant cela, l’enfant reçoit un double message : « Ce que je ressens n’est pas grave » ou « Ce que je ressens est mal ».
Valider, c’est d’abord reconnaître l’émotion.
– Ce qu’il faut dire : « Je vois que tu es très en colère. » « Tu as l’air vraiment triste que mamie soit partie. » « C’est vrai que ça fait peur, ce gros bruit. »
– Pourquoi ça marche : L’enfant se sent vu, entendu et compris. La tension commence déjà à descendre, car il n’a plus besoin de « prouver » l’intensité de ce qu’il vit. Vous nommez ce qu’il ressent, et c’est la première étape pour qu’il apprenne à le faire lui-même.
Donner des outils concrets (l’alphabétisation émotionnelle)
Une fois l’émotion validée, nous pouvons lui donner des outils pour la « sortir » de manière acceptable.
- Nommer les émotions : Utilisez des livres, des jeux ou une « roue des émotions » pour apprendre le vocabulaire (triste, joyeux, frustré, déçu, fier).
- Un exutoire physique (pour la colère) : Plutôt que de taper sur le frère ou la sœur, proposez une alternative : « Tu as le droit d’être en colère, mais tu n’as pas le droit de taper. Tu peux taper sur ce coussin, ou déchirer ce vieux papier. »
- Le coin « retour au calme » : Ce n’est pas une punition. C’est un endroit doux (coussins, doudou, livres) où l’enfant peut aller de lui-même quand il sent l’émotion monter, pour se réguler.
Montrer l’exemple : Le miroir parental
Les enfants apprennent par imitation. La façon dont vous gérez vos propres émotions est leur leçon la plus puissante.
Si vous criez lorsque vous êtes stressé, l’enfant apprendra que c’est la norme. Si, à l’inverse, vous verbalisez : « Je suis contrarié(e) par mon travail ce soir, j’ai besoin de 5 minutes au calme », vous lui montrez un modèle sain de gestion émotionnelle.
N’ayez pas peur de nommer vos propres émotions (de manière adaptée à son âge).
Quand consulter ? Le soutien à la parentalité
Accompagner les émotions de son enfant est un travail à plein temps. Parfois, malgré toute notre bonne volonté, nous nous sentons dépassés.
Il est peut-être temps de consulter si :
- Les crises sont très fréquentes, très intenses et impactent la vie de famille.
- L’enfant semble anxieux en permanence, ou au contraire très renfermé.
- Vous vous sentez vous-même épuisé, en « burn-out parental ».
Consulter un professionnel n’est pas un échec. C’est s’offrir un espace pour souffler, comprendre les dynamiques en jeu et obtenir des outils personnalisés.
Un accompagnement adapté à Trévoux
Il n’y a pas de parent parfait, seulement des parents qui font de leur mieux. Aider son enfant à exprimer ses émotions est un marathon, pas un sprint.
En tant que psychopraticienne à Trévoux, je propose un accompagnement spécifique pour les enfants, ainsi que des séances de soutien à la parentalité pour vous aider à retrouver des relations familiales plus apaisées. Si vous souhaitez entamer ce chemin, je vous invite à me contacter pour un premier échange en toute confidentialité par téléphone au 06.71.47.58.42 ou via messagerie sur la page de contact.



